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Pourquoi se soigne-t-on ? Auteur : Reach, Gérard

Pourquoi se soigne-t-on ? Il pourrait paraître surprenant, à première vue, qu’un grand médecin français, chercheur et clinicien, se pose cette question qui semble aller de soi. Parce que nous sommes malades serez-vous tentés, sans doute de répondre. Or, dans ce cas, comment expliquer que la moitié des patients ne suit pas à la lettre les prescriptions et les conseils que les médecins leur prodiguent ? C’est ce à quoi s’efforce de répondre le Professeur Gérard Reach, diabétologue à l’hôpital Avicenne (AP-HP) et qui enseigne l’endocrinologie et les maladies métaboliques à la Faculté de médecine de Bobigny (Paris XIII). Mais ce livre va au-delà de la simple tentative d’explication médicale. Il se veut une esquisse philosophique de l’observance, autrefois appelée compliance des malades. C’est là son originalité et sa force. Gérard Reach revisite un certain nombre de concepts philosophiques comme l’intention ou le principe de prévoyance. Sa réflexion est riche, intense et rigoureuse, ne laissant que peu de place au hasard ou à l’interprétation hasardeuse. Préfacé par Pascal Engel, professeur de philosophie de la logique, du langage et de la connaissance à l’université de Paris IV-Sorbonne, la lecture de l’ouvrage de Gérard Reach s’impose, tant pour le malade que pour le prescripteur. Tous deux en tireront grand bénéfice. À consommer sans modération. BMD Pourquoi se soigne-t-on ? Une esquisse philosophique de l'observance Préface de Pascal Engel Editions Le Bord de l'eau, 33360 Latresne, collection "Clair et net", 2005
Clinique de l'observance. L'exemple des diabètes Auteur : Reach, Gérard

En exergue de son nouveau livre, le Professeur Gérard Reach, diabétologue et endocrinologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny, cite Knock de Jules Romains : « Oh ! Je serai une malade très docile, Docteur, soumise comme un petit chien. Je passerai partout où il le faudra, surtout si ce n’est pas trop douloureux ». Bien sûr, dans l’esprit du clinicien, il n’est pas question de faire l’apologie de la soumission, passive, du malade aux ordres du médecin, ce qu’en d’autres temps, il était convenu d’appeler le paternalisme médical. Gérard Reach a fait sienne depuis longtemps l’idée du colloque singulier médecin-malade, cette relation de partenariat privilégiée où le médecin est tout sauf un prestataire de service, et le malade tout sauf un client. Il a bien compris que la relation thérapeutique efficace est de l’ordre de l’alliance thérapeutique, ce qui signifie que le malade n’est jamais un spectateur passif du traitement de sa maladie. C’est vrai de toute relation thérapeutique, c’est encore plus vrai des maladies chroniques, au long cours ; c’est une évidence dans le cas du traitement du diabète que Gérard Reach connaît si bien. Avoir le diabète, ou être diabétique ? Attendre l’éradication, l’élimination, la guérison, ou participer soi-même de la relation de soin ? Il le dit lui-même : il s’agit là d’une problématique cruciale. En effet, le paternalisme médical enfin banni, on pourrait s’attendre, le patient étant éduqué, la médecine étant devenue adulte, c’est-à-dire responsable, à une observance thérapeutique massivement suivie. Non par docilité ou soumission, comme dans la pièce de théâtre de Jules Romains, mais par compréhension mutuelles des enjeux, par une réelle réciprocité de l’échange qui qualifie la véritable alliance thérapeutique. C’est pourtant loin d’être le cas, au point que dans un rapport récent consacré à la non-observance thérapeutique dans les maladies chroniques, c’est-à-dire la discordance entre les comportements des patients et les prescriptions médicales, l’OMS déclare que résoudre ce problème serait plus efficace que n’importe quel progrès médical. C’est à cette étude de la discordance que s’engage ici Gérard Reach. Le résultat est remarquable. Même s’il n’est pas des plus facile à lire (mais la forme, très pédagogiquement construite, aidera amplement le lecteur), Gérard Reach tente vraiment des explications et réponses. Son livre est à lire, mais surtout à étudier, et à travailler en parallèle avec Le Normal et le pathologique de Georges Canguilhem, qu’il a lui-même lu et surtout, compris. Ce nouveau livre de Gérard Reach est un livre majeur, tant d’un point de vue épistémologique qu’éthique, qui ne peut qu’être vivement conseillé à tous les cliniciens, et devrait être rendu obligatoire dans le cursus des études médicales. Il nous prouve également, c’est ce que nous voudrions retenir en premier, que l’épistémologie, cette discipline bâtarde, à la fois scientifique et philosophique, peut nous aider à comprendre de l’intérieur les bouleversements que connaît la médecine contemporaine. Gérard Reach est un médecin qui pense sa pratique, et qui la pense avec méthode. Ce n’est pas toujours le cas, loin de là, ce qui donne à ce livre un mérite plus grand encore. Au moment où « l’éthique light » tient le haut du pavé, le Professeur Gérard Reach démontre ce que, personnellement nous affirmons depuis longtemps : c’est en amont de nos pratiques, dans leurs dimensions épistémologiques, qu’il faut chercher à expliquer les conséquences éthiques, en aval, de nos actes. BMD Reach, Gérard, Clinique de l’Observance, l’exemple des diabètes. Editions John Libbey Eurotext, Montrouge, 2006
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