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Pour une philosophie de la maladie
Auteur : Dagognet, François

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Comment s’y retrouver dans la pensée et l’œuvre de François Dagognet ? Le lecteur peu habitué sera rapidement désorienté par le caractère multiforme, voire centrifuge du travail de cet élève de Georges Canguilhem. C’est que François Dagognet est un penseur de système, un penseur du tout et que le tout de la matérialité et de la vie intéresse. Reçu premier à l’agrégation de philosophie, médecin, psychiatre, chimiste, géographe et juriste, François Dagognet ne laisse personne indifférent parce que lui-même n’est indifférent à rien.
À celles et ceux, professionnels ou non, qui s’intéressent aux questions médicales, cet ouvrage bref mais incisif, résultat d’un entretien salutaire avec le journaliste et philosophe Philippe Petit, donnera des éléments de compréhension des problèmes actuels et de leur genèse récente. Il servira utilement d’introduction à la lecture d’ouvrages plus complexes du philosophe et sera à lire avant Le Normal et le pathologique de Georges Canguilhem et Naissance de la clinique de Michel Foucault.
Construit en trois parties, la première, « Petite généalogie de la pensée médicale », est de loin la meilleure.
BMD

Dagognet François, Pour une philosophie de la maladie, Textuel éditions, Paris, 1996, collection « Conversations pour demain »

 

 

 

 

 

 

 

Les morts
Auteur : Harrison, Robert

lesmorts

Certains livres sont écrits pour être lu (c’est déjà beaucoup). D’autres ont vocation, en plus, à devenir ouvrages de référence. C’est le cas du remarquable livre de Robert Harrison, Les Morts, que les éditions du Pommier ont eu l’excellente idée de traduire de l’américain. L’auteur dirige le département de littérature française et italienne à l’université de Stanford en Californie : c’est dire que sa culture est européenne, que son interrogation se nourrit aussi bien de Dante que de Heidegger. Avec Les Morts, Robert Harrison nous propose un essai de littérature et de philosophie qui interroge ce qui constitue le soubassement de la culture occidentale, son articulation originaire : la commémoration des morts. Derrière ce mot (si souvent galvaudé à force d’être à la mode), l’auteur explore ce lien mystérieux qui nous relie et nous enracine (pour reprendre les mots de la philosophe Simone Weil) à la mort et à la terre de tous les morts.
« Qu’est-ce qu’une maison ? » se demande l’auteur (chapitre 3), reprenant intelligemment la réflexion de Heidegger : cette question hante l’esprit troublé par l’idée du déracinement. La maison « héberge », c’est-à-dire qu’elle « ouvre le champ d’une vie posthume ». Le mérite de Robert Harrison est de nous obliger à faire retour sur le lien que les vivants entretiennent avec la mort, partie de la vie, même si notre culture occidentale contemporaine fait de son mieux pour la nier. Cet essai rappelle aux vivants qu’ils ne peuvent se constituer, ontologiquement, existentiellement, sans cette reconnaissance du sentiment de notre finitude. Vivre passe par la découverte du fait que nous sommes mortels ; la mort fait de nous, êtres humains vivants, des « anciens combattants du deuil ».
BMD
Harrison Robert, Les Morts, Le Pommier éditions, Paris, 2003
Prix conseillé 23 € , diffusion Harmonia Mundi.
Titre original : The Dominion of the Dead, University of Chicago Press, 2003



 

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