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Eugène Leroy, Autoportrait
Auteur : De Chassey, Eric

eugeneleroy

Du 19 juin au 19 septembre 2004, la Piscine-Musée d’art et d’industrie André Diligent, de Roubaix, a consacré une exposition aux autoportraits du peintre Eugène Leroy. Artiste d’exception, Eugène Leroy a poursuivi sa vie durant, pendant plus d’un demi-siècle, sa quête de l’inachèvement, de l’effacement du trait qui enferme et isole. Peintre du mouvement et de la vie, du mouvement même de la vie, l’évolution de son œuvre se donne à voir de manière saisissante dans ses autoportraits. Eric de Chassey reprend et commente, dans un fort bel essai, les toiles exposées. C’est donc bien plus qu’un simple catalogue d’exposition, un essai raisonné de compréhension d’un artiste majeur du XXe siècle.
« Travailler sans relâche vers l’inachèvement, œuvrer jusqu’à l’instant fatidique où la raison se substituerait à l’imagination constituante, telle est l’existence même de Leroy, confondue à son œuvre sur le seul motif de la ressemblance », Bernard Lamarche-Vadel, 1990


Notice biographique concernant Eugène Leroy


Eugène Leroy est sans conteste l'un des grands peintres de cette fin de siècle. Mondialement connu et reconnu à sa juste valeur, il est pourtant méconnu en France. Le grand public le connaît peu ou mal : on n'entend pas assez ce que disent les peintres disait Gilles Deleuze. C'est encore plus vrai lorsqu'il s'agit d'une pensée visuelle, d'un peintre qui voudrait toucher la peinture comme la peinture nous touche, comme on vibre devant l'être aimé.
Homme du nord, né à Tourcoing en 1910, Eugène Leroy est toujours resté fidèle à sa terre natale, et pour cause: familier depuis sa jeunesse des peintres flamands, des ciels du Nord, il a trouvé sous ces horizons si lourds et si bas, au milieu de cette terre si grasse, la chair de ses tableaux. Comprendre un tableau d'Eugène Leroy, c'est d'abord comprendre l'homme. Comprendre le peintre, c'est aimer ce pays, ses brumes et cette force qui surgit du sol.
Les maîtres de Leroy furent Hugo Van der Goes, Rembrandt et Dierick Bouts. De Van der Goes, Leroy a retenu la peinture à la fois mystique et réaliste, comme cette Adoration des bergers (triptyque, Offices, Florence, vers 1476); la force des lavis et eaux-fortes de Rembrandt; la plénitude picturale et le fondu des paysages de Bouts. Fils de peintre (assez connu dans les années 1900), Eugène Leroy se met à peindre à 15 ans, sans maître et sans école, en autodidacte.
Que retenir de cette œuvre qui traverse le siècle ? Sans doute la recherche picturale, constamment continuée, d'un "expressionnisme à la Montaigne", c'est-à-dire une forme d'art qui s'efforce de donner à une œuvre le maximum d'intensité expressive. L'oeuvre d'Eugène Leroy est cet effort, cette tension pour dire le temps et l'espace, pour dire le temps en mouvement. Elle est pour nous la métaphore d'une médecine enfin libérée de son académisme, inventive et créatrice d'un monde dans lequel l'homme malade ne serait pas, ou plus, exclu.

Bibliographie sélective
1976- Dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, sous la direction des héritiers d'Emmanuel Bénézit, Gründ, Paris, 1976, Tome 6, page 607.
1988- L'aventure de l'art au Xxe siècle, sous la direction de jean Louis Ferrier, Chêne, Hachette, Paris, 1988, page 827
1994- Eugène Leroy, sous la direction d'Eugène Marcadé, Flammarion, Paris
1998- Dictionnaire de l'Art moderne et contemporain, sous la direction de Gérard Durozoi, Hazan, Paris, 1992, page 370-371

Collections publiques françaises et étrangères

- Eindhoven, Stedelijk van Abbemuseum
- Gand, Museum van Hedendaagse Kunst
- La Haye, Haags Gemeenstemuseum
- Dunkerque, musée d'Art contemporain
- Lille, musée des Beaux-Arts
- Paris, musée d'Art moderne de la Ville de Paris
- Tourcoing, musée des Beaux-Arts
- Villeneuve d'Ascq, musée d'Art moderne
- Fonds régional d'art contemporain, Ile-de-France
- Fonds régional d'art contemporain, Nord-Pas de Calais
- Fonds régional d'art contemporain, Paris

BMD


Éditions Gallimard, Paris, 2004

 

 

Marc Petit, (auteur collectif)

Préface de Lydia Harambourg, textes de Georges Bloess, Pierre Charras, Florence Delaporte, Bernard-Marie DUPONT, Alain Gouiffés et Marie-Hélène Lafon

L’ontologie que nous propose Marc Petit est donc celle de la vie elle-même, de toute vie, aussi anonyme soit-elle : en modelant, il nous rend visite de multiples façons, il renvoie le spectateur à une infinité de possibilités, toujours à l’horizon de ce que nous aurions pu être et que nous sommes quand même en assumant nos manquements, nos errements, nos échecs mais aussi nos réussites.
Son œuvre n’est ni triste ni violente, elle dit la vie avec cette indéfinissable nostalgie que seuls les Portugais savent exprimer d’un mot intraduisible, cette saudade qui évoque tout à la fois la tristesse, la nostalgie, le regret et la mélancolie : l’écartèlement douloureux de nous-mêmes avec nous mêmes

BMD

 

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